Névralgie du trijumeau et ostéopathie
La névralgie de la face, ou névralgie du trijumeau, correspond à une douleur intense du visage, le plus souvent unilatérale, décrite par les patients comme des décharges électriques brutales.
Ces douleurs peuvent être très invalidantes et altérer fortement la qualité de vie.
La névralgie du trijumeau est liée à une atteinte du nerf trijumeau (Vème paire crânienne), principal nerf sensitif du visage, qui présente 3 divisions distinctes :
- Branche V.1 : ophtalmique
- Branche V.2 : maxillaire
- Branche V.3 : mandibulaire
Chacune des divisions du nerf va affecter une des zones du visage : sensibilité du front et des yeux (V.1), sensibilité de la joue et du palais (V.2), sensibilité de la mâchoire avec potentiellement une atteinte de la déglutition et mastication (V.3).
Comment se déclenche la névralgie du trijumeau?
La déclenchement de la névralgie du trijumeau survient dans la plupart des cas suite à la compression vasculaire (par une artère, plus rarement par une veine) sur le trajet du nerf ou au niveau du ganglion de Gasser (ganglion du nerf trijumeau, situé avant sa division en trois branches distinctes.)
Dans certains cas de névralgies atypiques ou symptomatiques, on peut trouver un explication aux symptômes suite à une infection dentaire, une sinusite chronique, une dysfonction de l’articulation temporo-mandibulaire (ATM) ou un trouble ORL associé.
Quelles sont les symptômes de la névralgie du trijumeau?
Les douleurs de la névralgie du trijumeau sont des crises paroxystiques, très intenses mais de courte durée, sans douleur résiduelle une fois la crise terminée.
Cette pathologie présente une prévalence plus élevée chez les femmes, le plus souvent entre 40 et 50 ans.
Le patient atteint de cette pathologie décrit des crises de douleurs à type de « pic extrême, un coup de poignard, décharge électrique », d’une durée allant de 3 à 20s.
La fréquence des crises dépend souvent de l’activation de zones gâchettes, déclenchées par des gestes du quotidien tels que le rasage, brossage des dents, la parole ou le rire, la mastication, l’habillage, l’exposition au froid ou au vent sur le visage.
Une fois que la crise est passée, le visage peut rester figé dans une attitude douloureuse avec des contractions musculaires localisées et des signes vasomoteurs (larmoiement, écoulements nasaux ou buccaux, sueur).
Les phases douloureuses peuvent durer quelques semaines à plusieurs mois, suivies de périodes d’accalmie parfois longues, pouvant aller jusqu’à quelques années.
Avec le temps, la fréquence et l’intensité des crises peuvent augmenter, devenant invalidantes et nécessitant une prise en charge spécialisée.
Comment différencier la névralgie du trijumeau des autres douleurs faciales ?
Les douleurs du visage peuvent avoir des origines multiples, ce qui rend parfois le diagnostic complexe. La névralgie du trijumeau présente toutefois des caractéristiques bien spécifiques qui permettent de la distinguer d’autres pathologies fréquentes.
Contrairement aux douleurs inflammatoires ou mécaniques, la névralgie du trijumeau se manifeste par des crises très brèves, extrêmement intenses, toujours unilatérales, sans lien avec un mouvement articulaire et survenant de façon brutale, avec des périodes totalement indolores entre les épisodes.
Sinusite
Douleur plus diffuse, souvent bilatérale, sensation de pression, parfois accompagnée de congestion nasale et d’écoulements.
Douleur dentaire
Douleur en général continue ou pulsatile, majorée par la mastication ou par le chaud/froid, localisée à une dent précise.
Trouble de l’ATM
Douleurs mécaniques, avec une gêne à l’ouverture de la bouche, craquements ou blocages articulaires, prolongée après les mouvements.
Quels traitements ?
Lorsque les symptômes ne présentent plus de période d’accalmie et que les crises deviennent résistantes aux traitements, la prise en charge de la névralgie du trijumeau peut être chirurgicale, afin de supprimer la compression vasculaire responsable de l’irritation du nerf.
Quelle place pour l’ostéopathie ?
En ostéopathie, le suivi et l’accompagnement permettent de diminuer l’intensité et la fréquence des symptômes, et de différencier la névralgie essentielle (compression artérielle sur le ganglion de Gasser) de la névralgie atypique / symptomatique (consécutive à une pathologie ou un trouble ORL).
La consultation chez l’ostéopathe, en période de crise ou en dehors, permet, à l’aide de techniques douces et adaptées à la douleur, de travailler en décompression sur les zones anatomiques en lien direct avec le trajet du nerf trijumeau : base du crâne, maxillaire, mandibule, articulation temporo-mandibulaire et cervicales hautes.
Camille Tejada
Ostéopathe spécialisée en ORL
Lyon 8
